La polygamie est un sujet qui suscite beaucoup de questions, et parfois des jugements rapides. En islam, elle est permise, mais elle n'est ni une obligation ni un droit sans conditions.
Ce que dit le Coran
Le verset de la sourate An-Nisa (4:3) autorise l'homme à épouser jusqu'à quatre femmes, puis ajoute aussitôt : « si vous craignez de ne pas être justes, alors une seule ». La permission est donc liée à une condition : la justice.
Le même chapitre (4:129) rappelle qu'une égalité parfaite des sentiments est hors de portée de l'homme. Ce qui est exigé, c'est de ne pas délaisser une épouse et d'être équitable dans ce qui dépend de lui : le temps, le logement, les dépenses, le respect.
Pourquoi cette permission
- Protéger des veuves, des femmes seules et des orphelins en leur offrant un foyer et une place reconnue.
- Donner un cadre légitime et responsable à une situation qui, sinon, se vivrait souvent en cachette.
- Répondre à des réalités sociales : déséquilibres démographiques, familles élargies, solidarité.
Et au Sénégal ?
Le Code de la famille sénégalais permet de choisir, au moment du mariage, entre la monogamie, une polygamie limitée ou la polygamie. Ce choix mérite d'être discuté ouvertement avant de s'engager : c'est un sujet sur lequel les deux futurs époux doivent être d'accord.
Une question de responsabilité
Un homme qui envisage la polygamie doit d'abord se demander s'il peut assumer, matériellement et humainement, plusieurs foyers avec la même considération. La tradition prophétique met en garde celui qui penche vers une épouse au détriment de l'autre. La polygamie n'est pas une façon de fuir un foyer, mais une charge supplémentaire.
